ven.

13

janv.

2012

Au revoir Triple A

L'on pourrait disserter longtemps sur les coïncidences troublantes avec le choix de la date, mais toujours est-il que c'est le 13 qui marque une nouvelle fois de plus de son sceau cette journée désastreuse. Ce n'est plus une surprise, nous vous l'avions annoncé depuis bien longtemps, C'est dans les cartons: La France vient de perdre son triple A et sa note devrait être officiellement dégradée d'un seul cran d'ici quelques jours. C'est aussi le cas pour quelques autres capitales européennes. Mais c'est la dégradation de la France qui devrait marquer le plus les esprits.

 

D'un seul coup, nos emprunts, crédits, découverts vont prendre du plomb dans l'aile d'ici peu, de même pour les collectivités et pour l'Etat Français. Ce revers n'est pourtant pas un revers personnel de Nicolas Sarkozy. C'est le revers d'un monde dérégulé, dominé par les marchés financiers et la santé financière de quelque géants financiers.  C'est un revers pour notre politique économique alarmante depuis une bonne décennie, amplifiée par les tergiversations de l'Europe, et le fameux FESF lui aussi en prend pour sa pomme, lui qui était là pour nous soutenir.

 

La Grèce ne devrait donc pas continuer l'année 2012 dans les beaux draps d' IO, devenue Europe par l'entremise du dieu grec. Zeus ignorait combien la colère de Junon trouverait son point d'orgue en ce 13 janvier 2012. Donc la Grèce devrait frôler la faillite quoiqu'on en dise, et son retrait temporaire de l'Eurozone est presque prévisible pour diminuer les soubresauts qui alimentent la fébrilité des marchés. La maintenir serait une erreur historique.

 

Certaines banques françaises vont devoir démontrer elles aussi que leur gestion des situations de stress et des fonds, dont elles ont la responsabilité, est à la hauteur de la confiance mise en elles.

 

Ce qui n'arrange pas les choses, c'est le climat électoral qui attise les convoitises et les coups bas contre le pouvoir, car il est bien question pour les adversiares et les concurrents de faire payer plein pot à Nicolas Sarkozy la facture 2007-2012, de se servir de la crise pour accentuer leur prétendue avance sur lui. Bonjour les contre-vérités, car pour ces gens-là ce qui importe ne serait-il pas de nuire au locataire de l'Elysée ? Voilà donc pourquoi dès demain la curée sera lancée. Chaque mauvais coup, chaque mensonge en devient essentiel, dans le seul but de nuire au patron de l'Elysée.

 

Ce n'est pas cela la politique. La crise est mondiale, et l'erreur reste intacte: Tous les pays sont touchés et l'Europe absorbe mal les contre-coups des jeux financiers d'Outre-Atlantique. Tous les pays tentent, et peu importe l'étiquette politique, de relancer leur économie par une demande patriotique, de faire consommer national afin de limiter la casse. Or la casse a touché premièrement le citoyen dans toutes ses facettes: le consommateur, le contribuable, le salarié et l'assuré social.   Faut-il continuer à serrer la ceinture ?  Le niveau de saturation est atteint. Il faut donc piocher là où c'est encore possible: 

           En finir avec les niches fiscales, redéfinir une nouvelle politique fiscale, davantage proportionnelle plutôt que progressive, taxer davantage le capital et non le travail, réduire les fraudes sociales et fiscales, lutter contre la contrefaçon, augmenter les salaires, geler le prix d'une centaine de produits de base, et imposer un devoir de transparence sur les transactions financières. Comme ce dernier point est difficile à mettre en place, une taxation des transactions financières répondrait largement à ce devoir de transparence et de contribution au redressement économique du pays. Favoriser la formation, imposer aux entreprises un devoir de formation continue pour tout salarié ayant acquis plus de 5 ans d'ancienneté ou pénaliser les entreprises qui négligent ce devoir.  Dans les faits, beaucoup dans le privé sont "privés" de cette aubaine qui permettrait plus de flexibilité et augmenterait les chances du salarié de se réinsérer plus facilement en cas de licenciement ou de délocalisation. Favoriser le chômage partiel plutôt que le licencement. Soutenir les SCOP qui reprendraient l'activité en liquidation avec la participation financière temporaire de 40% de l'Etat et des collectivités dans le capital de chaque SCOP. Tout un programme...

 

 

 

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